Portraits de Montréal | Portraits of Montreal

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  • "Je prenais plein de photos quand j’étais plus jeune, et on en prenait beaucoup de moi. Mais maintenant je n’aime plus du tout me voir en photo. J’ai vieilli. Dans la société aujourd’hui on sent vieux avant d’être vraiment vieux."


    "I used to take a lot of pictures when I was younger, and people would take plenty of me. But now I really don’t like seeing myself in pictures anymore. I grew old. In today’s society we feel old before actually being old."

    "I work in the art room at Dans la Rue. I felt like giving back to them because they helped me when I got here. They’ve helped me get my life settled, figure out what I wanna do for school, they’ve even helped me learn more French. They’ve been really supportive and I’m happy that I’m able to give back to them. And they’re still helping me, I’m still technically a street kid. There are so many homeless people, so many centres, and still so little help. Wherever I’ll go I’ll try to expand on that."

    "Je travaille dans la salle d’art de Dans la Rue. J’avais envie de leur redonner de mon temps parce-qu’ils m’ont aidé quand je suis arrivée ici. Ils m’ont aidé à réordonner ma vie, à trouver ce que je voulais étudier à l’école, ils m’ont même aidé à apprendre plus de Français. Ils m’ont beaucoup soutenu et je suis heureuse de pouvoir leur redonner quelque chose. Et ils continuent de m’aider, techniquement je suis toujours une jeune de la rue. Il y a tellement d’itinérants, tellement de centres, et pourtant si peu d’aide. Où que j’aille j’essaierai de développer ça."

    "Je très artistique, je fais de la photo, de la peinture, de la musique, de la danse. Si on pouvait remplacer mon nom par un mot, ce serait ‘créativité’. T’sé tu cherches le mot créativité dans le dictionnaire et tu vois mon nom en dessous. C’est vraiment ma vie."
    "Tu veux faire quoi dans la vie ?"
    "Peut-être travailler dans un laboratoire biomédical, ou dans la biologie moléculaire. La science c’est comme une forme d’art, c’est ça qui m’intéresse. Je veux comprendre comment fonctionne le corps humain, pouvoir répondre à des questions comme ‘Pourquoi est-ce que les yeux voient ?’"


    "I’m a very artistic person, I do photography, I paint, I make music, I dance. If I could change my name to a word it would be ‘creativity’. You know, you look up the word creativity in a dictionary and you see my name right under it. It’s really my whole life."
    "What do you want to do with your life?"
    "Maybe work in a biomedical laboratory, or in molecular biology. Science is like a form of art, and that’s what I’m interested in. I want to understand how the human body works, be able to answer questions like ‘Why do our eyes see?’"

    "I’m a retired attorney and I study the Torah, that’s all I can tell you. Keep up the good work, shalom."


    "Je suis un avocat à la retraite et j’étudie la Torah, c’est tout ce que je peux te dire. Continue à faire du bon boulot, shalom."

    "J’ai été suicidaire jusqu’à 18 ans. J’ai fait à peu près 20 tentatives de suicide, et une journée j’ai réalisé que la vie était trop belle, qu’il fallait que j’arrête de me mettre la pression à penser à toute la guerre et la famine qu’il y a dans le monde parce-que je suis impuissant par rapport à ça."

    "Qu’est-ce qui te donnait l’envie de te suicider ?"

    "Le fait que le monde n’est pas capable de réaliser que nous ne sommes pas les maîtres du monde, mais que c’est la Terre qui est maître de nous, qu’il faut arrêter de la détruire. Voir toute la famine dans le monde. Voir qu’un gars qui se promène avec une voiture qui vaut 250000$ pourrait nourrir quasiment tout le Mozambique ou le Burkina Faso juste avec sa voiture. Voir que les riches exigent d’avoir encore plus d’argent, au dépens des pauvres. Ça ça viendra me chercher toute ma vie : je suis venu au monde avec un mal de vivre incroyable par rapport à la violence que le monde vit, au manque de respect que le monde peut avoir envers eux-autres même et envers les autres."

    "Et qu’est-ce qui t’a fait arrêter d’essayer de te suicider ?"

    "Ma richesse dans la vie c’est les sourires que je rencontre, les coups de main que je suis capable de donner, les coups de main que je reçois, le monde qui me tend la main. À 13 ans j’étais dans la rue, après ma première désintox. À 12 ans je vendais de la mescaline. J’ai arrêté parce-que j’en vendais à des adultes, ces adultes là en revendaient à ma mère, et ma mère était sur un autre nuage. À 8 ans j’avais déjà un avocat, parce-que j’ai été abusé et battu toute ma jeunesse. C’est pour tout ça que je suis parti de chez moi à 13 ans. Mais ça a forgé tout ce que je suis, et je suis fier de ce que je suis aujourd’hui. Je suis fier de ce que j’accompli, je suis fier de voir qu’aux yeux des autres aussi je suis une bonne personne, un bon petit bonhomme qui donne des sourires. Moi il faut que j’aide le monde autour de moi : si j’ai quelqu’un à côté de moi qui a froid, ma chemise double de valeur parce-que je peux la prendre et réchauffer deux personnes avec. À c’t’heure j’écoute mon coeur. Si mon coeur me dit de faire quelque chose, même si ma tête me dit de ne pas le faire, je le fais. Si ton coeur te dit de faire quelque chose fais le, tu vas en tirer une expérience extrêmement enrichissante."

    "I was suicidal until the age of 18. I did about 20 suicide attempts, and one day I realized life was too beautiful, that I had to stop pressuring myself thinking about all the war and the famine going on in the world because I am powerless against this."

    "What made you want to kill yourself?"

    "The fact that the world can’t realize that we are not the masters of the world, it’s the Earth that’s the master of us, we need to stop destroying it. All the famine in the world. Seeing that a guy driving around with a $ 200,000 car could feed almost all of Mozambique or Burkina Faso just with his car. Seeing the rich insisting to get reacher at the expense of the poor. This is something that will always affect me. I came into this world with huge existential anxiety related to all the violence happening in the world, to the lack of respect people have towards themselves and towards others."

    "And what made you stop trying?"

    "My wealth in life is the smiles I encounter, the help I’m able to provide, the help I receive, the people that reach out to me. When I was 13, I was in the street, after my first detox. At 12, I was selling mescaline. I stopped because I was selling it to adults, those adults were selling it back to my mom, and my mom was on another planet. At 8, I already had a lawyer, because I had been abused and mistreated my whole youth. Because of this I left home at 13. But it forged everything I am, and I am proud of what I am today. I’m proud of what I’ve accomplished, I’m proud to see that other people also think I’m a good person, a nice little fellow that gives smiles. I have to help the people around me: if someone next to me is cold, my shirt becomes twice as valuable because I can use it to warm two people. Nowadays, I listen to my heart. If my heart tells me to do something, even if my head tells me not to, I do it. If your heart tells you to do something, do it, because you’re going to get an extremely enriching experience out of it."

    "Je suis paramedic, j’adore mon métier. J’aime le contact social avec les gens, le fait que ce ne soit pas juste des morts, pas juste une ligne sur un ordinateur : je parle à quelqu’un, et je suis la première personne à qui il va raconter son histoire. Ce qui est difficile c’est la gestion des gens autour du patient. Mettons qu’il fait un arrêt cardio-respiratoire, oui il est mort, mais moi ça fait partie de mon quotidien. T’as pas le choix de te détacher, sinon je pleurerai tous les jours. C’est d’avoir la famille autour qui est plus lourd, c’est ça qui me touche le plus. T’as fini avec le patient, il est décédé, et là il faut que tu gères la famille autour, pour eux c’est une mort soudaine. c’est ça qui est plus lourd à gérer."


    "I’m a paramedic, I love my job. I like the social contact with people, the fact that it’s not just bodies, not just a line on a computer: I’m talking to someone, and I’m the first person to whom they will tell their story. What’s difficult is dealing with the people around the patient. Say they have a cardio-respiratory arrest, yes they’re dead, but for me it’s part of my daily life. You don’t have a choice but to detach yourself, otherwise I’d be crying everyday. It’s having the family around that’s heavier, that’s what affects me the most. You’re done with the patient, they passed away and now you have to deal with the family, to them it’s a sudden death. That’s the most difficult thing to deal with."

    "J’ai participé deux fois à un souper presque parfait. La deuxième fois j’ai gagné le prix du public. Je suis parti vivre en appartement à 14-15 ans, donc j’ai dû apprendre à me débrouiller tout seul en cuisine."


    "I participated twice in a show called ‘Un souper presque parfait’ (similar to Come dine with me). The second time I won the people’s choice award. I went to live by myself when I was 14 or 15 years old, so I had to learn how to cook for myself."

    "Je suis quelqu’un de vraiment franc, je suis direct avec les gens."
    "Il y a une fois ou tu as regretté de ne pas avoir été assez franc ?"
    "Il y a une couple de fois où des gens m’ont demandé conseil, et je n’ai pas été aussi franc que j’aurai du. Avec certaines personnes plus sensibles t’as l’impression que tu vas franchir une ligne. Mais en même temps c’est ce que ça prend pour faire passer un message. J’aurais dû être plus direct, c’est important de dire ce que tu penses dans la vie."


    "I’m a very frank person, I’m direct with people."
    "Is there a time you wish you had been more frank?"
    "There’s a couple of times when people have asked for my advice, and I wasn’t as frank as I should have been. With certain people who are more sensitive you feel you’re going to cross a line. But at the same time that’s what it takes to get a point across. I should have been more direct, it’s important in life to say what you think."

    "We’re having a testicule removal party. That’s why the shirt says there can only be one."
    "Are you serious?"
    "No, it’s just a bachelor party, but that’s the story we’re telling."


    "On fait une fête pour l’ablation d’un de ses testicule. C’est pour ça qu’il est écrit ‘Il ne peut y en avoir qu’un seul’ sur les t-shirts."
    "Sérieusement ?"
    "Non, en fait c’est juste un enterrement de vie de garçon, mais c’est l’histoire qu’on raconte."

    "I’m her third home. The lady who owned her had too many dogs and she couldn’t take care of her. She just kept her to have puppies and sell them. So I took her and I promised her she was never going to be in a cage. I want her to be a therapy dog. I see how much joy she brings to people, smiles and everything, so I want her to go help cancer patients, children, etc. She has a Facebook page: Pup Stars 4.”


    "Je suis sa troisième maison. La femme qui l’avait avant avait trop de chiens et ne pouvait pas s’occuper d’elle. Elle la gardait seulement pour avoir des chiots et les vendre. Donc je l’ai récupéré et je lui ai promis qu’elle ne se retrouverait jamais dans une cage. Je veux qu’elle devienne une chienne de thérapie. Je vois la joie qu’elle apporte aux gens, les sourires et tout, donc je veux qu’elle aide des gens atteints du cancer, des enfants, etc. Elle a une page Facebook : Pup Stars 4.”

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