Portraits de Montréal | Portraits of Montreal

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  • À l’occasion, nous publierons des portraits réalisés par des photographes qui ont eux aussi le goût de rencontrer des inconnus. Voici donc le premier portrait réalisé par la photographe Sandra Larochelle Photographe.

    From time to time, we will publish portraits captured by photographers who felt like meeting random strangers. Here is the first portrait by photographer Sandra Larochelle.

    « Je travaille à côté d’ici au Marché, c’est ma première journée aujourd’hui. J’ai vraiment trouvé mon milieu et j’étais contente de commencer à travailler : j’ai passé l’été à me chercher une job et à me tourner les pouces en attendant, alors la première journée au travail fait vraiment du bien ! »

    "I work closeby at the Market, it’s my first day today. I really found where I belong and I was happy to start working: I spent the summer looking for a job and twiddling my thumbs, so the first day at work really feels good!"

    Si vous êtes photographe et souhaitez aussi contribuer à Portraits de Montréal, envoyez-nous un courriel à portraitsdemontreal@gmail.com

    If you are a photographer and want to contribute to Portraits of Montreal, send us an email at portraitsdemontreal@gmail.com

    « On mange du cochon alors que cet animal a l’intelligence d’un enfant de quatre ans, c’est comme si on mangeait notre chat ou notre chien. Mais je n’ai pas réalisé ça jusqu’à temps que je m’ouvre les yeux : je mettais des œillères et je ne voulais pas voir toute la cruauté autour de ça, les abattoirs en série et tout. C’est grâce à mon copain qui a été végétarien pendant sept ans… »
    « Quand je l’ai rencontrée elle avait les idées un peu contradictoires : elle aimait les animaux mais elle ne faisait pas le lien avec la nutrition. Elle mangeait de la viande alors qu’elle est fanatique des animaux. Elle a vu avec le temps que les deux ne pouvaient pas cohabiter ensemble. »

    "We eat pig even though this animal has the intelligence of a four year old child, it’s like if we were eating our cat or dog. But I didn’t realize that until I opened my eyes: I used to have blinders on and I didn’t want to see the cruelty that was happening around this, the slaughterhouses and all that. It’s thanks to my boyfriend who has spent seven years as a vegetarian…"
    "When I met her, she had contradicting ideas: she loved animals but she didn’t make the connection with food. She was eating meet although she was crazy about animals. She realized with time that the two could not live together."

    « Quel est votre meilleur souvenir ensemble ? »
    « La fois où on s’est rencontrées : je venais d’arriver à Montréal - je viens de Moscou -, je cherchais une collocation et je suis tombée sur la place où elle vivait à l’époque. Elle était full gentille dès les premiers moments, et ça a cliqué tout de suite, c’est moi qu’elle a choisi alors qu’il y avait plein d’autres candidats. Elle m’a montré tout de suite comment obtenir un téléphone et tout ça ; elle travaillait dans un resto et elle m’a invité à souper avant même que j’emménage avec elle ! »
    « Pourquoi c’est elle que tu as choisi pour la collocation ? »
    « Je pense qu’il y a beaucoup de monde qui tombe en amour avec elle dès le premier regard : c’est une personne rayonnante, avec un superbe sourire vraiment sympathique, toujours habillée avec des trucs colorés. Moi je n’ai pas un souvenir particulier qui me vient à l’esprit, c’est surtout le fait que quand j’ai besoin de quelqu’un dans la vie, c’est une des deux personnes à laquelle je pense en premier. Je sais que quand j’ai besoin d’aide ou n’importe quoi elle est toujours là. »


    "What’s the best memory you have together?"
    "The time we met: I’d just arrived in Montreal - I’m from Moscow -, I was looking for a room and I found the place where she was living at the time. She was really nice from the first moments, and it clicked right away, she chose me even though there were tons of other candidates. She showed me right away how to get a phone and everything; she used to work in a restaurant and she invited me for dinner even before I’d moved in!"
    "Why did you choose her to be your roommate?"
    "I think many people fall in love with her at first sight: she’s a glowing person, with a beautiful and really sweet smile, always dressed with colourful clothes. I don’t have one specific memory that comes to mind, above all it’s the fact that when I need someone in my life, she’s one of the two people I think about first. I know that when I need help or anything she’s always there."

    "I’m going on a date with a French girl, and I thought I would make her a bracelet with the colours of the French flag, since I’ve got one with the colours of the Indian flag."


    « J’ai une date avec une Française, et je me suis dit que j’allais lui faire un bracelet aux couleurs du drapeau Français, comme moi j’en ai un aux couleurs du drapeau Indien. »

    « Je viens d’Argentine, d’un quartier de Mendoza où la police n’ose pas rentrer. Il n’y a pas de bus, pas d’ambulances, les taxis s’arrêtent à la limite du quartier. Ma mère m’a envoyé ici pour que je ne finisse pas en prison comme les autres du quartier. Je suis à Montréal depuis neuf ans, je me suis marié et j’ai eu un enfant ici. Mais ma femme s’est faite expulser, elle est au Mexique avec mon fils en ce moment. Ça fait six mois que je fais les papiers pour qu’ils puissent revenir. »

    "I’m from Argentina, from a neighbourhood in Mendoza where the police doesn’t dare to go. There are no buses, no ambulances, the cabs stop where the neighbourhood begins. My mother sent me here so that I wouldn’t end up in jail like the others from this neighbourhood. I’ve been living in Montreal for nine years, I got married and had a child here. But my wife got deported, she’s in Mexico with my son now. I’ve been working on their papers for six months now, so that they can come back."

    « Qu’est-ce que tu dirais à un jeune graffeur ? »
    « Pense aux conséquences à long terme : quand t’es dans la vingtaine, ou même à dix-huit ans, tu peux commettre des actes qui vont te suivre longtemps. Se faire prendre à faire des graffs c’est vraiment… »
    « Est-ce qu’il y a quelque chose que tu regrettes ? »
    « M’être fait prendre, ne pas avoir couru. La seule fois où je n’ai pas couru c’est la fois où je me suis fait prendre. Et ça me suit depuis huit ans. »

    "What would you say to a young street artist?"
    "Think about the long term consequences: when you’re in your twenties, or even at eighteen, you can commit acts that will follow you for a long time. Getting caught for a graffiti…"
    "Is there anything you regret?"
    "Getting caught, not have run away. The only time I didn’t run was the time I got caught. And it’s been following me for eight years."

    « Je suis là en vacances avec ma fille Zoé [elle préférait que celle-ci n’apparaisse pas sur la photo]. On vient rendre visite à un couple d’amis que j’ai rencontré à Paris quand j’étais enceinte, et qui habite à nouveau ici. Ils ont un enfant qui est né avec seulement 4 jours d’écart avec Zoé, alors ça nous a beaucoup rapproché ! En plus on aime le rythme ici : les gens sont accueillants, et les espaces sont tellement vastes ! »

    "I’m here on vacation with my daughter Zoe [she preferred that her child did not appear on the photo]. We’re visiting some friends, a couple that I met in Paris when I was pregnant, and who’s living here again. They have a child who was born with only 4 days apart with Zoe, so that got us much closer! And we like the pace here: people are friendly, and the spaces are so vast!"

    « Je lis un livre sur la grand-mère de Louis Riel. Ça décrit aussi les coureurs des bois et la manière dont ils chassaient avec les Amérindiens. Culturellement c’est intéressant parce que ça fait partie de notre histoire : le terroir, l’aventure, et la survie. Dans les forts en hiver, il n’y avait pas assez de vivres pour traverser le froid, alors la plupart des coureurs des bois laissaient les ressources aux femmes et aux enfants et partaient se créer une famille avec les Amérindiens, pour s’intégrer et commercer avec les tribus. C’est pour ça qu’au Canada et au Québec, il y a beaucoup plus de Métis qu’on pourrait croire. Ça explique aussi pourquoi quand tu vas en randonnée ou faire du canoë, t’aimes faire ça ; l’appel de la nature c’est un peu génétique ! »

    "I’m reading a book about Louis Riel’s grandmother. It also describes the coureurs des bois and how they hunted with the Native Americans. Culturally it’s interesting because it’s part of our history: the terroir, adventure and survival. In the forts during winter, there was not enough food to get through the cold, so most coureurs des bois left the resources for women and children and went to create a family with Native Americans, to integrate and trade with the tribes. That’s why in Canada and Quebec, there’s a lot more Métis one might think. It also explains why when you go hiking or canoeing, you like doing it; the call of nature is a bit genetic!"

    « Ça doit être la douzième fois que je crache du feu. »
    « Tu utilises quoi comme combustible ? »
    « C’est de la paraffine, pour les lampes à huile. »
    « C’est pas trop mauvais ? »
    « Non c’est le moins pire de tous, ça n’a pas de goût ! »
    [Puis il attrape une bouteille de Sprite laissée au sol par son ami, boit une grosse gorgée, puis la recrache vivement.]
    « Wow man c’est pas du Sprite ! »
    « Haha non, c’est du kérosène. »

    "It’s about the twelfth time I spit fire."
    "What combustible do you use?"
    "It’s paraffin, for oil lamps."
    "It’s not too disgusting?"
    "No it’s the least bad of all, it’s got no taste!"
    [He then grabs a bottle of Sprite left on the ground by his friend, drinks a mouthful, and spits everything out swiftly.]
    "Wow man that’s not Sprite!"
    "Haha no, it’s kerosene."

    « Je viens d’une petite communauté un peu hippie, bio ; un petit village sur le bord de la rivière où ils font pousser leurs propres aliments, avec des fermes d’élevage un peu partout autour. Ma famille a une base de plein air ; c’est un terrain immense, on fait de la conservation des milieux naturels et tout ça. Ça s’appelle Éco-Odyssée. C’est vraiment beau, j’y vais en fin de semaine ! »
    « Pourquoi tu es venue à Montréal ? »
    « Pour connaître d’autres choses et d’autres personnes ; Montréal est vraiment enrichissante. Et je trouvais que là-bas c’est petit, t’as vite fait le tour et j’avais le goût de voir autre chose. Des fois on a besoin de voyager pour se rendre compte qu’on est tellement mieux chez soi. »

    "I come from a small community, a bit hippie, organic; a small village on the shores of the river where they grow their own food, with livestock farms all around. My family owns an outdoor recreation camp; it’s a huge site, we do natural habitats conservation and stuff like that. It’s called Eco-Odyssée. It’s really beautiful, I’m headed there this weekend!"
    "Why did you come to Montreal?"
    "To discover new things and new people; Montreal is really enriching. And I found the place to be a bit small, it doesn’t take long to see it all and I wanted to see other things. Sometimes you need to travel to realize you’re so much better off at home."

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